Les anti-inflammatoires sont-ils la dernière solution?

 

Lorsque les anti-douleurs comme le paracétamol ne fonctionnent pas, la suite « logique » est généralement d’utiliser quelque chose de plus fort.

En pensant qu’il n’est pas possible de freiner l’arthrose, le but ultime serait de soulager les douleurs à tout prix.

C’est ainsi qu’entrent dans l’arène les anti-inflammatoires non stéroïdiens (on les appelle comme ça car ils ne contiennent pas de cortisone).

Contrairement au paracétamol contenu dans le Tylénol, les anti-inflammatoires sont effectivement efficaces contre la douleur. Au début.

 

Mais à quel prix?

 

En les prenant sur des périodes longues, les anti-inflammatoires deviennent très dangereux.

Pourquoi? Car ils causent des troubles un peu partout dans el corps: saignements, trous dans l’estomac (ulcère), problèmes cardiaques…

Une revue d’étude publiée dans The Lancet en 2013 montre que la prise régulière d’anti-inflammatoires est lié à une augmentation de 30% des accidents cardio-vasculaires (crises cardiaques, AVC) [1].

Mais, et cela concerne particulièrement l’arthrose, ces médicaments anti-inflammatoires, sensés soulager les douleurs, pourraient contribuer à accélérer la dégradation du cartilage.

Cela parait fou, mais plusieurs études semblent l’indiquer [2] [3].

 

Par quoi les remplacer?

 

Si vous pensez qu’il n’y a pas d’autres solutions pour soulager la douleurs, détrompez-vous: plusieurs substances naturelles ont au moins les mêmes effets anti-douleurs, tout en freinant la dégradation du cartilage (au lieu de l’accélérer).

C’est le cas des compléments de Glucosamine et Chondroïtine. La grande étude « The Moves » présentée en juin 2014 au Congrès Européen Annuel de Rhumatologie, en a fait la démonstration de manière spectaculaire [4].

C’est également le cas pour de nombreuses plantes et épices efficaces contre la douleur: la griffe du diable par exemple, est aussi efficace que les médicaments anti-inflammatoires [5].

Il n’y a donc aucune bonne raison de prendre ces médicaments.

Je précise que ce n’est pas le cas des infiltrations de cortisone qui semblent être « obligatoire » lorsque la douleur est devenue insoutenable (lorsque le cartilage a quasiment disparu). Les effets secondaires sont terribles à long terme, mais à un certain stade de la douleur, il n’y a pas vraiment d’autres priorités que de la soulager.

 

Pour lire les articles précédents de la série Arthrose et Vérité:

 

 

 

[1] Vascular and upper gastrointestinal effects of non-steroidal anti-inflammatory drugs: meta-analyses of individual participant data from randomised trials, N. Bhala, The Lancet, 2013 
[2] Double-blind clinical evaluation of the relative efficacy of ibuprofen and glucosamine sulphate in the management of osteoarthrosis of the knee in out-patients, A. Lopes Vaz, NCBI, 1982 
[3] Indomethacin treatment in osteoarthritis of the hip joint. Does the treatment interfere with the natural course of the disease? H. Ronningen et al., NCIB, 1979 
[4] Combined chondroitin sulfate and glucosamine for painful knee osteoarthritis: a multicentre, randomised, double-blind, non-inferiority trial versus celecoxib, M. Hochberg et al., BMJ, février 2015 
[5] A randomized double-blind pilot study comparing Doloteffin and Vioxx in the treatment of low back pain, S. Chrubasik, British Society for Rheumatology, 2003

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